Ecriture

 


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Textes de présentation sur TÉMOIGNAGE.pd
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TÉMOIGNAGE

 

Projet 2018

 

 

 

 

 

TÉMOIGNAGE

 

"Passer de l'autre côté du miroir" c'est après le thème de L’INFINI, l'impératif artistique de traduire, à travers l'expression picturale, la construction d'une vie avec les sentiments, les idées, les expériences qui m'ont formé, puisque ainsi est mon langage.

 

Évocation de Montevideo, lieu transparent de l'autre côté de l’Atlantique, souvenirs de l'enfance et ses neuf ans et la pulsion de l'amour … Lieu à tout jamais merveilleux où le tragique et le beau cohabitent comme source infinie d’inspiration.

 

Évocation des guides rencontrés sur le chemin de la culture qui, comme des boussoles, me conduisent dans ma migration artistique vers des chemins de pensée, vers les lumières de l'esprit. Car la peinture se doit de dessiner les contours d'un humanisme pour que l'œuvre s'accomplisse … pour que l'émotion advienne et se répande, se partageant avec ceux qui découvriront les œuvres. Tel est mon but …

 

 

 

TESTIMONY

 

"Passing through onto the other side of the mirror" is, after working on the theme of INFINI, the artistic imperative to translate through pictorial expression, the construction of a life with feelings, ideas and experiences which have formed me - this is my language.

 

Evocation of Montevideo - a transparent place on the other side of the Atlantic, memories of a childhood, of its nine years and the pulse of love.  A wonderful place where the tragic and the beautiful co-exist as an infinite source of inspiration.

 

Evocation of the guides met on the way of the culture which, like compasses, lead me in my artistic migration towards the way of thought and onwards to the light of the spirit. Since painting must draw the contours of humanism so that the work is accomplished  - so the emotion comes and spreads sharing with those who discover the work. Therefore this is my goal.

 

 

 

TESTIMONIO

 

"Pasar al otro lado del espejo" es, después del tema del INFINI, el imperativo artístico de traducir, a través de la expresión pictórica, la construcción de una vida con sentimientos, ideas y experiencias, que me han formado, ya que este es mi lenguaje.

 

Evocación de Montevideo, un lugar transparente al otro lado del Atlántico, recuerdos de la infancia y sus nueve años y la pulsión del amor ... Un lugar para siempre maravilloso donde lo trágico y lo bello conviven como una fuente infinita de inspiración.

 

Evocación de los guías encontrados en el camino de la cultura que, como brújulas, me llevan en mi migración artística hacia formas de pensamiento, hacia las luces del espíritu. Porque la pintura debe dibujar los contornos de un humanismo para que el trabajo se realice ... para que la emoción llegue y se difunda, compartiéndose con los que descubrirán las obras. Este es mi objetivo ..

 

 

 

Texte en espagnol - Armando Bergallo
Traduction en français - Martin Plana
Traduction en anglais - Hadley Hasted-Holt

 

 

 

 

 

”INCIPIT AQUARIUS” .pdf
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INCIPIT AQUARIUS !

 

 

Je regarde - et encore - la longue

fresque des Constellations.

 

 

            Que nous montres-tu ici, Armando ?

 

            Tu nous montres des monstres !

            des regards inquiétants - des mâchoires

terribles - des dents féroces :

            des noblesses terrifiantes -

 

            Le Réel m’advient-il comme une

fosse aux lions ?

Tes personnages ne me font pas accueil -

plutôt menace et dédain -

 

            Mais je reste et je regarde encore :

 

            quelques personnages humains aussi.

            l’ange - à droite - qui n’ose montrer son

visage, est-il si désespéré ?

 

Qui est-ce, au loin, auprès de l’Aigle ?

peut-on le rejoindre aussi loin ?

et lui - qui tient cette lamproie (un poisson) comme

un enfant, est-ce un ami ?

 

            INCIPIT AQUARIUS … commence le VERSEAU …

il se dresse et nous dispense ses richesses, l’eau

si précieuse en notre planète.

 

            C’est que nous y sommes, dans l’ère

du Verseau - j’oubliais -

 

            J’écoute et ce grand Roi me raconte l’Histoire :

 

-       Voici la succession des Ères,

Voici une autre façon de raconter le TEMPS

Avant moi, c’était l’ère des POISSONS ;

on en fit l’ère chrétienne - pourquoi ?

Le poisson est le signe Chrétien dans les

catacombes,

 

            C’est l’ΙΧΘΥΣ

 

(Ἶησος Χῥεστος Θεου Υἱος Σωτης)

(Jésus Christ, fils de Dieu, Sauveur)

 

-       Mais alors … Celui qui tient le poisson … ?

 

-       Avant, c’est l’ère du Bélier, (l’ère de

la Bible ?) précédée par le Taureau (APIS ?)

et l’ère des civilisations très anciennes ….

C’es peut-être aussi l’Humanité en marche,

à l’Infini -

 

            Toi, l’ange, tu n’oses me regarder -

Qu’avons-nous donc fait de notre paradis si

bleu ?

 

            Toi, le grand personnage, le génie créateur,

l’artiste Prométhée, que devient donc

ton œuvre trop humaine ?

Quel mal ? cet aigle qui te suit ?

 

            Les mystères très anciens nous font signe,

aujourd’hui, et nous convoquent, ICI.

 

            et toi, l’artiste, le voyant, l’interprète,

par quelles magies peux-tu dévoiler ces

futurs inquiétants ?

 

            Tout à gauche de la fresque, il m’attend,

l’oiseau dont l’œil sourit :

 

            ‘’Ah ! si tu savais ….’’ -

 

Lily Bogaerts

Douzains, août 2016

 

 

 

 

 

 

 

INFINI.pdf
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INFINI

 

Au plafond un grand carré « magique », qui est la clef (de votre) révélatrice.

C’est un symbole humain, un triangle.

Pour les abeilles, un hexagone,

mais pour les hommes, c’est carré.

Par la même occasion, cela

indique les quatres directions

élémentaire de la lumière.    

indique les quatres directions,

élémentaire de la lumière.

D’abord au Nord, pas de lumière,

Mais les ténèbres, le froid (la neige)

et le désespoir. C’est la toile Berlin.

En face, l’inverse du septentrion,

le Midi : les soleils qui resplendissent

sur les Pays-Bas de Descartes

Le Midi, l’apogée de la lumière

Iet de la pensée.

Entre Nord et Sud, à main droite

de Berlin quand on le regarde,

l’Orient, le début de la lumière

dans un infini passé où le Bébé

primorldial crée le monde (dans

un infini passé, c’est probable …)

En face, à main gauche de Berlin,

la fin du monde, à l’occident,

avec une vision de l’Apocalypse.

C’est un infini futur où la lumière

disparaîtra pour renaître ailleurs.

L’eau glacée de Berlin, la terre sauvée

des eaux de la Hollande, les nuées

aériennes du Ciel du Premier bébé,

le feu régénérateur de la fin des

temps, Tout y est.

 

Pierre-Frédéric Ténière-Buchot

                                                          

5 août 2016

 

 

 

 

A PROPOS DE ''L'ESPERANZA''.pdf
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A PROPOS DE “L'ESPERANZA”

 

 

Pour le Bébé !

 

 

ARMANDO, mais … c’est une fusée,

ton tableau !

 

Ah, ce BÉBÉ, qu’il est beau,

qu’il est vrai

 

dans le geste de ses mains pleines de convoitise !

 

C’est qu’il veut prendre, saisir, s’approprier

tout le Futur qu’il attend (qui l’attend …)

avec exigence, avec autorité -

avec impatience aussi -

 

… et moi, le regardant, j’entrevois

ce Futur immense, dans la splendeur

de la toile qui m’invite et me permet d’entrer …

 

Alors, en regardant, me revient peu à peu une sensation très vieille, oubliée - vivante -

 

C’était il y a  longtemps, dans une autre vie -

C’était l’été -

C’était la Mer du Nord, près de la côte.

Nous étions trois ou quatre dans le cockpit d’un très beau voilier - (un Dragon, s’il vous plaît ..)

Qui filait au plus près - c’était magnifique ! …

Et moi, misérablement, j'avais le mal de mer …

On m’a envoyée à l’avant, couchée

Sur le ventre, de tout mon long,

Sur le pont du voilier.

 

            J’ai pu m’apaiser et peu à peu

Comprendre le mouvement du navire -

Le mouvement de la mer -

            J’ai accepté la vague, j’ai pu

Adhérer au soulèvement.

 

… Je me perds dans le grand mouvement

qui m’emporte tout au fond de l’immense

toile …

 

                       bonheur de disparaître

                       de faire partie

                       de se perdre dans l’infini

 

Qu’est-ce qui, pour moi, est plus important

            Que moi ?

 

Lily Bogaerts

août 2016

 

 

 

 

 

LE GRAND MOUVEMENT.pdf
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LE GRAND MOUVEMENT

 

            Un grand mouvement passe d’un tableau

à l’autre

            puissant

            immense et continu

 

Comme un  appel.

 

            Tout part du bout des petits doigts

Du BÉBÉ …

           

…. Je sens une onde

qui s’amplifie joyeusement

des petits doigts de mon bébé.

 

            C’était la fin de l’attente.

j’allais connaître le secret des femmes.

 

Mais je fus surprise : - pas ça !

Les vagues se suivaient en m’emportant

sans indulgence :

 

A toi d’accepter si tu veux connaître

Si tu veux toucher

Si tu veux sentir en toi

Si tu acceptes

Si tu suis

Si tu te laisses emporter

Si tu fais corps

avec le grand mouvement.

 

          « Tout … tout … Tout,

pourvu qu’il vive ! »

 

Parole de femme.

                        (… mais les hommes savent-ils ?)

 

            Le bébé est devenu Alice.

 

Je sais, moi, ce qu’elle regarde …

            … ou plutôt qui.

Il était là, à cette place, l’an passé :

            épanoui - généreux - au pays de la Joie.

            Alice, vas-tu lui tendre la main,

vas-tu répondre à son sourire ?

 

            « La Joie est une brûlure, qui ne se

savoure pas » (disait Camus, à la fin de la Peste …)

 

Mais les ondes passent et balaient tes craintes

promettant par retour

            Monts et Merveilles

 

            « Moi, je veux l’amour » dit Salomé -

éperdue - blessée -              « et que ce soit

aussi beau que dans mon rêve ! »

 

et les ondes passent avec un grand souffle

                       avec une béance vertigineuse

et là : … un regard

            un regard qui pleure

et qui se perd.

 

Et là se tient l’Artiste.

 

Celui qui voit et qui entend,

            qui perçoit les merveilles,

            qui accepte les gouffres

            qui est là pour nous

 

pour partager les choses étonnantes et profondes.

 

                                              

Merci, Armando.

 

 

 

Lily Bogaerts

août 2016

 

 

PENSAMIENTO UNIVERSAL.pdf
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Pensamiento Universal - acrylique sur toile, 100 x 100 cm, 2015 

 

Tous les mondes inconnus ont suscité des légendes insensées. Illustrations cartes etc et apportèrent vie à l'inimaginable (Codex de Madrid etc). La pensée "artiste", en perpétuelle quête, fut dans cette fascination, comme la science fut dans celle du beau. ("Le gouffre de l'enfer" de Botticelli par ex). "Pensamiento Universal" est l'oeuvre qui nous entraîne vers le vertige de l'infini reprenant la longue et belle tradition faite de signes, de vibrations picturales tournoyantes comme dans un univers cosmique .... Travail du détail extrêmement exigeant, pris dans une composition

circulaire donnant sens à nos interrogations.

 

E. Martin-Plana, octobre 2015

 

 

   




A PROPOS DES LOUPS D'ARMANDO BERGALLO.pd
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A PROPOS DES  “ LOUPS ”

  d’ARMANDO BERGALLO

 

L’on était saturé de beau temps : l’été semblait ne pas vouloir se rendre.

Mais au “ Petit Cluzeau ”, plein de voitures occupaient les longues plages d’herbe et les gens - endimanchés - se saluaient complaisamment.

 

            J’entrai comme eux dans le vaste espace habité de toiles gigantesques - un peu vertigineux, un peu surhumain - impressionnant.

 

-       René ?! (René Descartes)

-       “Me cherchiez-vous, Madame ?

Un espoir si charmant me serait-il permis ?” (Racine, Andromaque)

 

-       Que fais-tu là, parmi cette docte assemblée ?

 

-       “Je venais en ce lieu où l’on garde pour moi ….

…. le seul bien qui me reste

et d’Hector et de Troie ….”

-   …. Pardon je rêvais ….

            Le Bien qui me retient ?

                                   La quête de VÉRITÉ.

            Et toi ?

 

            Et puis j’ai vu les Loups

                                   et n’ai plus vu qu’eux.

 

            Ils ont bondi vers moi avec leur grand sourire ! “ Viens ! ”

            Comme ils  sont beaux ! Comme ils sont grands !

 

            Je suis resté figée, arrachée à mon poids par leur élan joyeux ; leurs regards flamboyants me disaient un appel.

Ils bondissaient et je pouvais les joindre.

 

C’était loin - c’était ailleurs - hors de mon monde à moi.

Le ciel était blanc immense

et l’étendue sans fin.

Regarder - entrer dans le silence.

 

-       J’ai compris “ Liberté ! ” ? et eux :

-       Bien plus ! …. rappelle-toi :

      “ Cet admirable, cet immortel instinct du Beau …. ”          (Baudelaire)

 

-       Viens ! c’est bien là le message

      et le don de la main capable de créer !

 

-       L’univers est Beauté

      et nous sommes les vrais messagers

      par delà le silence, pour combler ton désir.

 

Les messagers, les anges (άγγελλω, j’annonce)

nous disent l’incroyable Présence, tout simplement quand ils nous parlent du Beau.

*   *   *

 

Les prophètes du Livre, que nous annoncent-ils ?

 

            Terre Promise - (lait et miel ?) pardon !

Conquêtes - prise des villages - massacres - occuper la terre - encore ! et sonnez, les trompettes, voici Jéricho.

 

            La Terre Promise, c’est Vous qui me la désignez, Seigneurs Messagers,

Vous, les Anges de la Promesse.

 

            Qu’est ce qui - pour moi - est plus important que moi ?

 

            De vous j’ai donc reçu une réponse valable et depuis - pour moi - les vrais prophètes, c’est plutôt les ARTISTES !

 

*   *   *

 

Lily Bogaerts

Douzains, 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Descartes ou la Fable du Monde, acrylique sur toile, 5m50 x 3m80, 1985






POUSSIERES D'ETOILES.pdf
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Poussières d'Etoiles, acrylique sur toile, 3.40 m x 2.10 m, 2015

 

L'Art pictural d'Armando Bergallo donne à voir dans un condensé magistral, le corps de l'homme imaginé dans l'élan initial : celui du premier instant où il se dresse .... Alors se dresser, c’est être droit (racine commune avec " Roi " dans la langue des origines : le sanskrit). Ainsi donc c'est une belle vision picturale de "l'homme-Roi".

E. Martin-Plana, juin 2015

 

  

  

‘NOTRE INFINI’ et ‘INFINI MON AMOUR’.pdf
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Infini Mon Amour - acrylique sur toile, 12 m x 2.15 m, 2015
Infini Mon Amour - acrylique sur toile, 12 m x 2.15 m, 2015

 

 

A propos de 'NOTRE INFINI' et 'INFINI MON AMOUR'

 

Je suis très impressionnée par les deux derniers tableaux (plus encore que par "le défi").

La femme  et les rondeurs cosmiques et-ou aquatiques où elle se love et au coeur desquelles dans un premier temps elle se fond au point qu'elle ne se donne pas tout de suite, Femme monde, Femme matrice.

L'homme au contraire s'offre net, il n'y a que lui , et curieusement, parce que je viens de voir  l'exposition "la fabrique des Saintes Images ", au Louvre, je pense au christ allongé de Philippe de Champaigne ( ! ), mais dans ces représentations du dix-septième siècle, le regard est essentiel, soit évocateur d'une transcendance et d'une relation à l'indicible, au-delà de la souffrance, soit regard qui entre en relation avec le spectateur de l'oeuvre et le conduit à s'interroger sur lui-même.

Ici, différence fondamentale, l'attitude n'est plus la même, la contorsion du corps sur le côté, ce torse étiré parcouru de lignes, ce bras qui n'en finit plus, cette main qui se perd dans les chairs, et le raccourci au niveau des membres inférieurs semblent allonger encore ce corps et exaltent sa beauté, sa sensualité, et surtout, le regard échappe, même si l'attitude parle, et c'est au regardeur d'imaginer, de projeter... (épuisement après l'extase, ou...?)

Je disais qu'il s'offre net, il faut rectifier tout de suite, car l'étoffe rouge qui l'entoure (quel suaire !), dont les volutes rappellent les arrondis du corps, a quelque chose d'organique qui ajoute une violence particulière au climat sensuel du tableau. Et le fond au-dessus, avec les teintes pastel, ne parvient pas à l'atténuer...

 

Françoise Morin, mai 2015

 

 

 

NOTRE INFINI.pdf
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Notre Infini - acrylique sur toile, 9.6 m x 2.15 m, 2015
Notre Infini - acrylique sur toile, 9.6 m x 2.15 m, 2015

 

      

NOTRE INFINI

 

Magnifique.. Mais il faut en dire plus... Par la clarté de l’art, ce que les savants ont du mal à verbaliser, l’artiste "impliqué" a la capacité de dérouler sa vision explicative. (Cela a déjà donné un magnifique sens aux oeuvres de la Renaissance) Il faut, à Armando Bergallo, une curiosité immense pour matérialiser, en formes et couleurs, les données, complexes des découvertes relatives à nos origines. Ainsi, cette impulsion alliée à une très grande technique a été le moteur de la création d'une toile exceptionnelle.... Le tourbillon des touches nous fait entrer dans le bouillonnement des temps premiers. Nous plongeons comme le corps entraperçu dans une forme de beauté "initiale".

P.S. Toutes les étapes de l'oeuvre d'Armando Bergallo ont été nécessaires pour l'émergence de cette dernière.

 

E. Martin-Plana, mai 2015

 

 


LE DEFI.pdf
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Le Défi - acrylique sur toile, 7.30 m x 2.15 m, 2015
Le Défi - acrylique sur toile, 7.30 m x 2.15 m, 2015


 

LE DEFI

 

Ce défi a accompli ses promesses, nous le savons. Je suis très émue de contempler ce visage de tout jeune homme, dont tu as su exprimer à la fois la douceur et la détermination, la fantaisie aussi, l'humour (les couleurs de la chevelure, les cheveux en brosse) : les armes du démuni que la chaîne de montagne, avec ses pics, ses inquiétantes vallées, n'écrase pas, au contraire, puisqu'elle l'exalte, le projette  sur le devant de la scène. Un trait jaune fait le lien  d'ailleurs entre elle et le jeune homme...

Il me tarde de voir la touche, que je ne peux que deviner sur Internet.

 

Françoise Morin, mai 2015 

 

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Le défi ? Il est dans les touches chaotiquement colorées qui s'imbriquent pour une harmonie parfaite ... alors, le beau triomphe juvénile s'impose .... et dans nos mémoires revient le temps où tout s'ouvrait avec la certitude de pouvoir déplacer les montagnes .... Le défi c'est d'avoir fait surgir cette nostalgie.

 

E. Martin-Plana, mai 2015

 

 

 

 

 

LOS CABALLOS.pdf
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LES CHEVAUX.pdf
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LOS CABALLOS

 

En un primer momento los caballos se anuncian en un galope que se despliega en un movimiento casi fotográfico, aquel que con su magia nos mostraban los dibujantes de Altamira o Lascaux.

Ellos emergen desde el fondo del cuadro constituyendo por sí solos un cuadro en sí mismos. No galopan hacia el hombre desnudo y reclinado en la hierba.

Galopan, simplemente, como si su meta se encontrara más allá de los límites que el cuadro propone.

Ante los ojos del observador se extiende una imagen de maravilla y podemos casi sentir el resonar de los cascos.

La fascinación se impone al descubrir el armazón del cuadro, sus líneas de de fuerza, sus líneas de fuga, sobre las que reposa toda la composición  

 

Es difícil encontrar en la naturaleza un movimiento tan asimilable a la libertad total como el galope de los caballos salvajes a través de la llanura, crin al viento y siempre desplazándose en grupos.

La manada es y será por mucho tiempo su entorno natural.

El caballo conocerá la soledad sólo al ser domado, amaestrado.

Pero eso pertenece a otro momento.

Por ahora estos caballos galopan libremente como si ante ellos se extendiera la inmensidad del espacio.

Esos caballos, eternamente jóvenes, inextricablemente unidos, me retrotraen al recuerdo de lejanos adolescentes de otrora.

Hubo también adolescentes libres y terriblemente unidos sintiendo el llamado del mundo palpitar en sus sienes.

 

 

En el extremo del cuadro posteriormente aparecerá el Hombre.

Orfeo?

Quizás.

De todas maneras el artista nombrará el cuadro como “Resurrección” .

Pero caballos y hombre no interactúan.

Es como si vivieran dos planos distintos, quizás algo del asombro ante la magnificencia que se despliega a sus ojos pueda leerse en la actitud del hombre.

Es que ese imaginario que es la libertad siempre deslumbra y también atemoriza.

¿Es que podemos los humanos hablar de libertad, así en abstracto?

Esa libertad que la bestia siente…sin angustia y sin culpa.

 

 

Al ganar el lenguaje, perdimos el instinto… y los caballos en la llanura nos remiten a la irremediablemente perdida libertad.

Luego, a la vista del observador aparece otra imagen también desbordando la medida humana.

Son tres caballos que, a diferencia de los primeros, aparecen trabajados en tonos fríos.

Blanquísimos.

Tanto que parecen mimetizarse con el fondo que, a nuestra imaginación nos mostraría un paisaje nevado.

Avanzan en cuña hacia nosotros escapándose, en su cabalgar, del cuadro. Su aparición se juega rompiendo sus límites precisos.

Cualquiera que esté más o menos habituado a las categorías que en su momento presentara Heinrich Wölfflin vuelve a reencontrar en la creación de Armando, -  totalmente inédita -  donde a la par que se juega  la figuración más acabada producto de la maestría del dibujo, con la abstracción  más explosiva, aquellas significaciones que hacen del Barroco una categoría  y no meramente una etapa de la evolución cronológica del arte.

¿No recordamos acaso al enfrentarnos a ese triángulo perfecto que  encuadra la composición de los caballos blancos que, como dijimos avanzan en cuña, a las lanzas que marcan también las diagonales que nos dan la profundidad de la perspectiva, de “La Batalla de San Romano” del Uccello?

El juego del adentro y el afuera más allá de los límites del cuadro es algo que Armando realiza con verdadera maestría, como cuando observamos  los ojos desmesuradamente abiertos del niño en “El Asombro” o “La Sorpresa” (que corresponde a otra serie) y nos damos cuenta de que los que el niño mira y lo asombra está detrás de nosotros; hay toda una atmósfera que nos incluye, formando así, parte de la escena.

 

Ahora bien…¡ Que impresionante sutileza la del creador al mostrarnos en otro cuadro una imagen que parece sintetizar miles de años de historia de la humanidad!

¿No es ese cansado percherón uncido al carro – que por cierto no aparece- la síntesis misma de la domesticación y la esclavitud?

La imagen de ese caballo, ejemplar  de esos pesados y fuertes caballos de tiro, llena todo el cuadro. El peso de su carga parece aplastarlo y todo en él trasunta algo de la resignada mansedumbre frente a un destino irrevocable.

 

Pero aún así es hermoso.

 

Mientras en los otros cuadros reina el movimiento, la carrera desenfrenada, el viento en las crines, aquí la pesada figura está inmóvil, quizás en descanso y como dijimos su desgarbada pero fuerte estampa queda circunscripta a los límites del cuadro.

Aquí el creador se juega a lo clásico, sintiéndose tan cómodo en una posición como en otra.

 

No sé si actualmente son numerosos los ejemplos de estas nobles bestias, como la que el retrata, por los campos de Francia, pero allá, en algunos lugares de mis lejanas tierras es todavía posible verlos tirando de un carro que sirve para trasladar  tanto enseres de trabajo, trastos de toda especie, cargas de forraje, como – muchas veces- también familias enteras.

Y ¿por qué no? Si la ocasión cuadra, turistas deseosos de disfrutar de la aventura de lo ya perdido.

 

Son mansos, obedientes, no saben lo que es encolerizarse o rebelarse.

Y todo eso está puesto allí, en esa clara figura, imagen misma de la domesticación.

 

 

 

Alba Medina, Psicoanalista, 2015

 

 

LES CHEVAUX

 

Dans un premier temps, les chevaux s'annoncent dans un galop qui se déploie en un mouvement quasi photographique, celui que nous montraient, avec leur magie, les dessinateurs de Altamira ou de Lascaux.

Ils émergent du fond de la toile, constituant, à eux seuls, un tableau par eux-mêmes. Ils ne galopent pas vers l'homme nu et étendu dans l'herbe.

Ils galopent simplement, comme si leur but se trouvait au-delà des limites que le tableau propose.

Devant les yeux de l'observateur, s'étend une image émerveillante et nous pouvons presque sentir la résonance des sabots.

La fascination s'impose en découvrant la composition du tableau, ses lignes de force, ses lignes de fuite, sur lesquelles repose toute la composition.

 

Il est difficile de trouver dans la nature un mouvement aussi assimilable à la liberté totale comme le galop des chevaux sauvages à travers la plaine, crinière au vent et toujours se déplaçant en groupes.

Le troupeau est et sera pour longtemps son environnement naturel.

Le cheval connaîtra la solitude seulement à l'instant d'être dompté et dressé.

Mais cela appartient à un autre moment.

Mais maintenant ces chevaux galopent librement comme si devant eux s'étendait l'immensité de l'espace.

Ces chevaux, éternellement jeunes, inextricablement unis, me ramènent au souvenir de lointains adolescents d'un autre temps.

Il y eut également des adolescents libres et terriblement unis sentant l'appel du monde palpiter sur leurs tempes.

 

Dans l'extrémité du tableau apparaîtra postérieurement l'Homme.

Orphée ?

Peut-être.

De toute manière l'artiste nommera le tableau "Résurrection".

Mais chevaux et homme n'interagissent point.

C'est comme si existaient deux plans différents, peut-être une part de l'étonnement devant la magnificence qui se déploie sous ses yeux, peut se lire dans l'attitude de l'homme.

C'est que cet imaginaire qu'est la liberté toujours éblouit et aussi terrorise.

Est-ce que, nous les humains, pouvons parler de liberté, ainsi dans l'abstrait?

Cette liberté que la bête ressent…sans angoisse et sans culpabilité.

 

En gagnant le langage, nous perdîmes l'instinct… et les chevaux dans la plaine nous ramènent à l'irrémédiable perte de liberté.

Ensuite, au regard de l'observateur apparaît une autre image débordant, aussi, la mesure humaine.

Ce sont trois chevaux qui, à la différence des premiers, apparaissent travaillés en tons froids.

Très blancs.

Tellement qu'ils paraissent rentrer en mimétisme avec le fond qui, par notre imagination, nous montrerait un paysage neigeux.

Ils avancent en coin vers nous s’échappant, dans leur galop, du tableau. Leur apparition joue à rompre ses limites précises.

Quiconque est plus ou moins habitué aux catégories que, en son temps, présentait Heinrich Wölfflin, les retrouvera dans la création d'Armando, - totalement inédite - où se joue la figuration la plus achevée, produit de la maîtrise du dessin, en même temps que l'abstraction la plus explosive, ces caractéristiques qui font du Baroque, une catégorie et pas simplement une étape de l'évolution chronologique de l'art.

Peut-être, ne nous souvenons-nous pas, en faisant face au triangle parfait qui encadre la composition des chevaux blancs, qui, comme nous avons dit, avancent en coin, des lances qui marquent les diagonales donnant la perspective de "La Bataille de San Roma "de Uccello ?

Le jeu entre l'intérieur et l'extérieur des limites du tableau est quelque chose qu'Armando réalise avec une véritable maîtrise comme lorsque nous observons les yeux démesurément ouverts de l'enfant du tableau "El Asombro" ou "la Sorpresa" (qui correspond à une autre série) et nous nous rendons compte que ce que l'enfant regardait et ce qui l'étonne est derrière nous ; il y a toute une atmosphère qui nous inclut, formant ainsi partie de la scène.

 

Maintenant donc… Quelle impressionnante subtilité que celle du créateur lorsqu'il nous montre une image qui paraît synthétiser mille ans de l'histoire de l'humanité !

N'est-ce pas ce percheron fatigué, attelé au charriot (qui, c’est certain, n’apparaît pas) la synthèse même de la domesticité et de l'esclavage ?

L'image de ce cheval, exemplaire de ces lourds et forts chevaux de trait, remplit tout le tableau. Le poids de sa charge paraît l'écraser et tout en lui résume quelque chose de la douceur résignée face à un destin irrévocable.

Mais même ainsi il est beau.

Pendant que dans les autres tableaux règne le mouvement, la course effrénée, le vent dans les crinières, ici la lourde silhouette est immobile, presque en repos et, comme nous avons dit, sa disgracieuse mais forte image reste circonscrite aux limites du tableau.

Ici le créateur compose dans le classique, se sentant aussi à l'aise dans un style comme dans un autre.

 

Je ne sais pas si actuellement sont nombreux les exemples de ces nobles bêtes dans les campagnes de France, comme celle qu'il a peinte mais là-bas, dans certains lieux de mes lointaines terres, c’est encore possible de les voir tirant une charrette qui sert à transporter tout autant des outils de travail, des affaires de toute sorte, des charges de fourrage, comme -souvent également des familles entières.

Et pourquoi pas ? Si l'occasion se présente, des touristes désireux de jouir de l'aventure de ce qui est déjà perdu pour eux.

 

Ils sont doux, obéissants, ils ne savent pas ce qu'est se mettre en colère ou se rebeller. Et tout cela est placé là, dans cette lumineuse silhouette, image même de la domestication.

 

 

Traduction: E. Martin-Plana

 

 

 

 

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LA MIRADA

 

El cuadro nos invita, nos capta y la mirada queda prendida de ese “más allá” que se presiente y nos anuncia una realidad todavía no dada a ver.

Porque siempre hay un más allá de un cuadro que nos atrapa y donde está, aunque no la veamos, la mirada del pintor.

 

 Ya al comienzo de su enseñanza, Jacques Lacan, en su Seminario “Los Escritos técnicos de Freud” nos dice lo siguiente: “La mirada no se sitúa simplemente a nivel de los ojos. Los ojos pueden no aparecer, estar  enmascarados. La mirada no es forzosamente la cara de nuestro semejante, sino también la ventana tras la cual suponemos que nos están acechando: es una “equis”, el objeto ante el cual el sujeto deviene objeto.”

 

Pero si bien para el psicoanálisis la mirada aparece como objeto paradigmático, al enfrentarnos a la producción de un artista no buscamos caer en el abaratamiento que implicaría una pretendida “interpretación psicoanalítica” del pintor a través de sus obras, cosa que siempre lleva a resultados poco confiables, sino valernos de esas obras para adentrarnos una vez más en el enigma de la mirada.

 

La imagen emerge contorneándose más allá de la mancha y cada pincelada nos indica un gesto - el gesto del pintor,- en tanto movimiento interrumpido, detenido en suspenso y  dado a ver.

Son incontables las pinceladas que construyen el cuadro,  en un juego de movimientos que inclusive el artista ignora – y es esperable que no sepa -  ya que la creación refleja ese movimiento  que la obra muestra.

 

No es solamente el movimiento que entraña la figura, es el movimiento del artista que se vislumbra en cada pincelada adentrándonos en un mundo dado a ver a través de lo que la imagen muestra.

 

El cuadro aparece como una ventana ante la cual el observador – espectador se asoma sintiendo también “el peso de la pintura sobre el lienzo” con todo lo que implica, pero también la posibilidad de asomarse a un otro mundo, guiado por esos “pequeños movimientos” que implican el trazo y la pincelada.

Es la mirada del artista la que crea la escena aún antes de plasmarla en la tela o en el muro, y es por cierto  a esa mirada que preexiste a la producción, a la que nos asomamos al enfrentarnos a todo cuadro.

Por lo tanto hay una mirada que precede a la obra.

 

 Ya dijimos, en algún momento  siguiendo a Lacan, que  la mirada no implica la visión, aunque esto parezca extraño.

¿Alguna vez ha surgido la pregunta de  con que ojos vemos las imágenes de nuestros sueños?

Las imágenes  - algunas aterradoras – que pueblan los sueños del soñante  no se ven con los ojos, pues ellos están cerrados, pero sin embargo, el soñante nos comunica que es lo que “vio” en su sueño, algunas veces con sorprendente minuciosidad.

No es necesaria la presencia material de los ojos, cualquier trazo, cualquier pincelada puede servir para provocar  la mirada.

 

El valor de la creación artística radica entonces en poder situarse en esa sutil línea entre lo verdadero y lo aparente, porque lo que llamamos verdadero, muchas veces – las más – no es más que apariencia.

Si la realidad en que vivimos corresponde a un registro imaginario, porque la certeza corresponde al campo de la locura, es el artista – poeta o pintor – el que nos guía con su “saber hacer allí” a dimensiones diferentes de lo que la materia nos impone.

Pero aún más, la obra de arte, - ya poética o plástica – nos toca porque  lo que el artista nos procura es, ciertas veces una especie de sosiego, una sensación, diríamos inefable  y, en otros casos nos enfrenta al drama humano del deseo.

Y en el caso de un cuadro su función es de “doma-mirada”.

Y ahí radica ,a mi juicio, la maravilla de la creación plástica.

 

Todos sabemos que en la creación cinematográfica, el artista nunca debe mirar a la cámara, este hecho, de darse, quebraría con el clima de ficción – la realidad que el film construye - y haría peligrar la credibilidad del espectáculo, denunciaría la ficción y el juego de la cámara.

 

Pero…

¿Qué sucede cuando se trata de un cuadro?

¿Qué sucede con los ojos de esos animales que Armando Bergallo nos ofrece?

Pensamos que lo que ocurre es algo totalmente diferente.

Los ojos de esos animales que nos miran sin ver nos colocan a su vez en la posición de ser mirados, objeto y mancha en el espectáculo del mundo.

 

La lechuza nos enfrenta a su mirada terrible atravesándonos y las innumerables pinceladas que la crean nos invitan a imaginar los múltiples movimientos – gestos – que fueron pautando su creación creando una perfecta articulación entre lo figurativo y lo abstracto, pues esa explosión de trazos que crean su figura muchas veces puede ser aislada para conformar otro cuadro aparte.

  Esta hazaña se repite en cada uno de los cuadros.

Por otro lado la mirada del chimpancé parece esbozar una sonrisa y nos remite a su pregunta.

En todos los animales que aparecen en este nuevo proyecto de Armando, como en tantas otras de sus  producciones, la mirada juega un papel importantísimo.

Ellos están allí…mirándonos sin ver

Son miradas que nos toman, nos introducen en su mundo, en un universo en el cual cada quien podrá hacer su lectura subjetiva, porque de eso se trata.

Cada cual asociará con los elementos de su subjetividad  diferentes tramas.

Cada uno de esos animales nos inspirarán diferentes sentimientos, sin embargo  cada uno de ellos, inclusive los que el humano considera más terribles, están  atravesados  por una cierta ternura, por un respeto casi religioso a la naturaleza.

Con la mayoría de ellos no convivimos, todo un discurso nos invita a temerlos, sin embargo en esos cuadros se nos aparecen inofensivos; el tigre, como dije en un momento, agazapado en su selva tropical donde el color lo esconde y al mismo tiempo lo muestra como un verdadera cortina vegetal, el oso provisto de  una quieta monumentalidad y mansedumbre nos mira fijamente.

Solo el cocodrilo se diferencia, emergiendo de un infierno de diferentes matices de rojos amenaza devorarnos y el ojo amarillo terrible, siniestro parece indicar una presa más allá del cuadro.

 

Si el arte aparece como un intento de lo humano ante la muerte, el arte de Armando nos incita a una apuesta hacia la vida.

Sus cuadros insisten en mirarnos, en invitarnos, en sugerirnos, y como siempre sucede que, para volver a crear todo artista necesita que su producción  anterior “caiga” pues de no ser así quedaría “pegado” a ésta e imposibilitado de volver a crear, Armando  nos invita, infatigablemente a presenciar la sucesiva caída de sus obras  seguido del  consiguiente nacimiento de otras criaturas.

 

 

Alba MEDINA - Psicoanalista, noviembre 2014

 

 

 

 

  

Traduction - E. MARTIN-PLANA

 

 

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LE REGARD

 

Le tableau nous invite, nous prend et l'oeil reste captif de ce "au-delà" qui se présente et nous annonce une réalité non encore révélée au regard.

Parce que toujours il y a un "au-delà" du tableau qui nous saisit et où réside, bien que nous ne le distinguions pas, le regard du peintre.

 

Déjà au début de son enseignement, Jacques Lacan, dans son Séminaire "Les écrits techniques de Freud", nous dit la chose suivante : "Le regard ne se situe pas simplement au niveau des yeux. Les yeux peuvent ne pas apparaître, être masqués. Le regard n'est pas forcément le regard de notre semblable, mais aussi la fenêtre derrière  laquelle nous supposons être guettés, c'est un "x", l'objet devant lequel le sujet devient "objet" .

 

Mais si pour le psychanalyste le regard apparaît comme un objet paradigmatique, en nous confrontant à la production d'un artiste, nous ne cherchons pas à tomber dans l'amoindrissement qu'impliquerait une prétendue interprétation “psychanalytique" du peintre à travers ses oeuvres, chose qui toujours amène à des résultats peu fiables, mais au contraire, nous fonder sur ces oeuvres pour pénétrer une fois de plus dans l'énigme du regard.

 

L'image émerge se développant au-delà de la tache et chaque coup de pinceau nous un indique une expression - l'expression du peintre - comme mouvement interrompu, arrêté en suspens et donné à voir.

 

Ce n'est pas seulement le mouvement qui renferme la figure, c’est le mouvement de l'artiste qui s'entrevoit à chaque coup de pinceau, nous faisant rentrer dans un monde donné à voir à travers ce que l'image montre.

 

Le tableau apparaît comme une fenêtre devant laquelle l'observateur se penche en sentant également "le poids de la peinture sur la toile" avec tout ce que cela implique, mais également la possibilité de se pencher sur un autre monde, guidé par "ces petits mouvements" qu'impliquent le tracé et le coup de pinceau. C'est le regard de l'artiste qui crée la scène avant de la composer sur la toile ou sur le mur. C'est certes ce regard qui préexiste à la production, sur laquelle nous nous penchons en nous affrontant au tableau. Pour autant, il y a un regard qui précède l'oeuvre.

 

Déjà, à un certain moment, nous avons dit en suivant Lacan que le regard n'implique pas la vision, bien que cela paraisse étrange. Quelquefois a surgi la question nous demandant avec quels yeux voyons-nous les images de nos rêves? Les images - quelquefois terrifiantes - qui peuplent les songes du rêveur ne se voient pas avec les yeux, puisqu’ils sont fermés, mais cependant le rêveur nous communique ce qu'il a "vu" dans son rêve, quelquefois avec une surprenante minutie. N’est pas nécessaire la présence matérielle des yeux, quelques traits, quelques coups de pinceau peuvent servir à provoquer le regard.

 

La valeur de la création artistique prend racine alors dans le fait de pouvoir se situer dans cette subtile ligne entre le vrai et l’apparent, parce que ce que nous appelons le vrai, très souvent, le plus souvent, n’est qu'apparence.

Si la réalité dans laquelle nous vivons correspond à un registre imaginaire, parce que la certitude correspond au champ de la folie, c’est l'artiste-poète ou peintre- celui qui nous guide avec son "savoir faire par-delà" dans des dimensions différentes de ce que la matière nous impose.

Mais encore plus, l'oeuvre d'art - tantôt poétique ou plastique - nous touche parce que ce que l'artiste nous procure est, certaines fois,une espèce de tranquillité, une sensation, dirions-nous ineffable et, dans d'autres cas, nous place face au drame humain du désir.

Et dans le cas d'un tableau, sa fonction est celle du "regard-dompté". Et là s’enracine, à mon avis, la merveille de la création plastique.

 

Nous savons tous que dans la création cinématographique, l’artiste ne doit jamais regarder la caméra, ce fait, s'il se produisait, détruirait le climat de fiction - la réalité que le film construit - et mettrait en péril la crédibilité du spectacle, dénoncerait la fiction, et le jeu de la caméra.

 

Mais…

Qu’arrive-t-il quand il s'agit d'un tableau?

Qu'arrive-t-il avec les yeux de ces animaux qu'Armando Bergallo nous offre? Nous pensons que ce qui arrive est totalement différent.

Les yeux de ces animaux qui nous regardent sans voir nous placent à leur tour dans la position d'être regardés, objet et tache dans le spectacle du monde.

 

La chouette nous affronte à son regard terrible nous transperçant et les innombrables coups de pinceau qui la créent nous invitent à imaginer de multiples mouvements - expressions - qui guidèrent leur création créant une parfaite articulation entre le figuratif et l'abstrait, puis cette explosion de traits qui crée sa figure, très souvent, peut être isolée pour composer un autre tableau à part.

Cette prouesse se répète dans chacun des tableaux.

Par ailleurs le regard du chimpanzé paraît ébaucher un sourire et nous renvoie à sa question.

Chez tous les animaux qui apparaissent dans ce nouveau projet d'Armando, comme dans tant d'autres de ses productions, le regard joue un rôle très important.

Ils sont là…nous regardant sans voir.

Ce sont des regards qui nous saisissent, nous introduisent dans leur monde, dans un univers où chacun pourra faire sa lecture subjective, parce que c'est de cela qu'il s'agit.

Chacun associera, avec les éléments de sa subjectivité, différentes trames. Chacun de ces animaux nous inspirera différents sentiments, cependant dans chacun d'eux, y compris ceux que l'humain considère les plus terribles, sont traversés par une certaine tendresse, par un respect presque religieux de la nature. Avec la plus grande partie d'entre eux nous vivons ensemble, tout un discours nous invite à les craindre, cependant dans ces tableaux ils nous apparaissent inoffensifs; le tigre, comme ai-je dit, au creux de sa forêt tropicale où la couleur le cache et en même temps le montre comme un véritable rideau végétal, l’ours empreint d'une tranquille monumentalité et mansuétude nous regarde fixement. Seul le crocodile se différencie, émergeant d'un enfer aux différentes tonalités de rouges est dans la menace de nous dévorer et l'oeil jaune terrible, sinistre paraît indiquer une proie au-delà du tableau.

 

Si l'art apparaît comme une tentative de l'humain devant la mort, l’art d'Armando nous incite à un pari sur la vie. Ses tableaux sont une insistance à nous regarder, à nous inviter, à nous suggérer et comme il arrive toujours, que pour créer de nouveau, tout artiste a besoin que sa production antérieure "tombe" car s'il n'en était pas ainsi il resterait "ligoté" et dans l’impossibilité de créer à nouveau. Armando nous invite, infatigablement à assister à la chute successive de ses oeuvres suivie de la consécutive naissance d'autres créations.

 

 Alba MEDINA  psychanalyste

 

 

 

 

 

 

 

 

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ARMANDO et les ANIMAUX

 

 

 

 

Avez-vous remarqué comme déjà son nom est évocateur de couleurs, équilibré, rythmé, musical ?

 

AR-MAN-DO-BER-GA-LLO !

 

Faites un peu rouler les "R"... Et vous y êtes. Où ?

Dans la planète PALETTE !

 

Dans ses dernières créations, les Animaux, ce sont eux qui nous regardent, qui nous observent. Vous, spectateur, êtes passéau crible de leur regard scrutateur...

Rien n'est anodin.

Regardezles yeux, ce sont ceux d'Armando, vert-jaune... Frappant chezle crocodile et le loup!

 

Mais surtout le regard intense.

 

"T'as d'beaux yeux, tu sais.." La fameuse phrase de Gabinà Morgan, nous la connaissons tous.

Mais quand on admire des yeux, c'est une fausse impression, si le regard n'est pas porteur d'intentions, il peut être superbe, il reste vide !...

 

Les yeux des Animaux d'Armando ont un regard qui nous interpelle,nous accroche, nous arrête,nous fait prendre conscience, nous parle le langage universel de la communication au delà des différences.

Avez-vous entendu le message du Gorille ? Assourdissant ! On ne peut pas rester indifférent,

On rentre dedans,

On est partie prenante,

On fait partie du tableau…

 

ANIMOArmando…

Savez-vous que dans sa langue maternelle, animo veut dire courage.. ? Et du courage, il en déborde pour s’attaquer à ces toiles monumentales. Même pas peur…. Maîtrise absolue de la MATIERE !

 

Armando, vous êtes un Maestro !

 

Danielle Bigata, sculpteur-statuaire

 

 

 

 

  

Translation - Mavis WILSON

 

 

 

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ARMANDO and les ANIMAUX

 

 

 

 

 

Have you noticed how already his name is evocative of colours; balanced, rythmical, musical?

 

AR-MAN-DO-BER-GA-LLO !

 

Roll the "R" a little .... and you are there.

Where?

In the planet PALETTE !

 

In his latest creations, les Animaux, it is they who are looking at us, who observe us. You specator have passed the screening of their scrutiny....

Nothing is innocious.

Look at the eyes, they are those of Armando, green-yellow....

Striking in the crocodile and the wolf !

 

But especially in the intensity of the look.

 

"You have beautiful eyes, you know...." The famous phrase of Gabin to Morgan which we all know.

But when one admires eyes, it is a false impression, if the look doesn't carry intent, it can be superb, it remains empty !....

 

The eyes of Armando's Animaux have a look which quizzes us, engages us, stops us, makes us aware, speaks to us in the universal language of communication beyond differences.

 

Have you heard the message of the Gorilla? Deafening.

 

One can't remain indifferent,

One gets inside,

One is taken by it,

One is part of the painting....

 

ANIMO Armando

Do you know that in his mother tongue, animo means courage?....

And courage, he overflows with it in order to tackle these monumental paintings.

Not even afrais.... Absolute master of the MATTER !

 

Armando, you are a Maestro !

 

Danielle Bigata, sculpteur-statuaire 

 

 

 

 

 

Réaction à propos du tableau Le Gorille.
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Réaction à propos du tableau

Le Gorille

 

Des constellations lumineuses irradiant la couleur dans un univers sombre, mouvement stellaire incontrôlable: c'est la nuit des premiers temps dans l'espace du tableau agrandi par la force de l'imaginaire. Dans le blanc virginal apparaît le souffle de vie: nez, bouche se nourrissant avec la main "outil". Tout s'écrit picturalement mais le centre vital du tableau réside dans le regard, oeil gauche central dans la toile, oeil qui nous interpelle Cette oeuvre nous relie à nos origines, va au-delà de la peinture, arrive aux rivages de la science. Ce tableau est dans la tradition artistique où depuis les temps les plus anciens avec le nombre d'or, l'artiste cherchait la vérité du monde mais le paradoxe réussi est le choix du sujet: un gorille interroge notre humanité! Ce tableau est une oeuvre rare.

 

E. Martin-Plana

 

 

 

 

Réaction à propos du tableau Le Cheval d
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Réaction à propos du tableau

Le cheval de trait

 

 

Faire un travail contemporain qui dirige tous les soubresauts artistiques de notre époque, mais sans en faire une obsession en déformant, en mettant de l'inachevé comme des pincées de sel. Comme dans toutes les époques "l'air du temps" frappe les vocations superficielles. Mais résister pour enfin trouver ... dur et beau chemin.

 

Ici, dans cette oeuvre, Armando Bergallo, par la légèreté, exprime étonnament le torse lourd. Comme il est "bien" dan son inspiration, l'harmonie se coule dans tous les traits, il ne cherche rien, ses lignes deviennent "cheval". Chercher l'élégance même pour représenter cette bête lourde, poilue. "L'élégance", ce mot me vient à l'esprit comme une exigence car en achevant de regarder des icônes du XVème siècle, des oeuvres "arts premiers", des oeuvres violentes de Goya, des oeuvres dévergondées de Toulouse-Lautrec: élégance ou plutôt transfigurant esthétique. Mais comme dans un film policier, l'indice du crime est dans le détail... Alors regardons, n'importe lequel, c'est un petit morceau de tableau en soi, exact dans l'harmonie (voir la boucle du harnais, ou la zone de la bouche: une erreur de quelques milimètres et tout disparaît dans une "bouillie picturale") ici, au contraire, tous les détails s'agencent pour donner une unité de sensation de force terrienne ... Travail de fond également, très belle réusitte car l'artiste alterne les lignes fines ondoyantes avec des traînées frottées plus larges s'imbriquant dans ce que l'on peut appeler: Hasard, mais rien n'est du hasard, l'artiste est, comme en musique, dans un tempo qui l'amène à placer des ondoiements verts sur la croupe pour ... en rentrant dans l'oeuvre nous trouverons et bien d'autres choses encore...

 

E. Martin-Plana

 

 

 

Réaction à propos du tableau La Chouette
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Réaction à propos du tableau

La Chouette

 

C'est encore un magnifique travail, comment parler de difficultés vaincues quand le résultat est dans un équilibre puissant et même inquiétant, mais toute la symétrie a été cassée subtilement et superbement. C'est ce qui donne à l'oeuvre  son harmonie: tout a été résolu (c'est la marque de la vraie oeuvre picturale tellement rare par les temps qui courent, j'espère bien voir tous ces animaux réunis dans une parade qui sera superbe.

 

E. Martin-Plana

 

 

 

 

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Pourpre

 

La couleur tantôt s’enflamme

Tantôt retourne

Là ou son âme

Touche la chair vive

L’intensité du rouge

S’envole entre le sommeil et la fleur

La paix et l’ardeur

Royaume plein de joie

Je reste muet

Comme un pèlerin

Qui se repose

Je vois les yeux pourpres

Invitant à aimer

Aussi proche peut-être qu’elle apparaît

La lumière colore le centre sensuel

Là où se trouve le cercle du feu

Fleur

La plus limpide, la plus brillante

Simplement belle

 

 

 

DESIR D'IMAGINATION - Armando Bergallo, janvier 2014

 

 

 

 

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Regard

 

Les nouvelles flammes

Atteignent les regards

Après une longue course

C’est dur de traverser le corps

Faire face aux ennemis

Qui habitent en silence

A l’intérieur de soi-même

Aujourd’hui il est debout

Prêt à offrir

Le mutuel salut

De ses yeux au ciel

La poitrine d’où fut tirée la douleur

Reste ouverte

Je voudrais partager avec toi

Tout ce qui pourrait

Faire ta joie

Ton regard claire et pénétrant

Me parle encore

De tout ce qui ne meurt pas

 

 

 

DESIR D'IMAGINATION - Armando Bergallo, janvier 2014

 

 

 

 

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CINQ

 

Numéro qui révèle sur terre

L’équilibre mathématique

Qui séduit le monde

Dilate ma confiance si fort

Que j’ose demander :

Puis-je participer à une telle grâce ?

Ta couleur noire est parfaite

Les murs deviennent des cavernes

Tu nous amènes à l’origine du monde

Au début de chacun

Dans la lumière pleine

Je reconnais les chemins de l’enfance

De l’heureuse découverte des couleurs et des formes

L’éclat de la vie

Avec toute sa force

Puis me fut claires la beauté de l’harmonie

Les sonorités magiques des instruments et des chants d’oiseaux

Mais il y a eu les déceptions

La nuit qui nous rend féroces

C’était la même nuit

Qui cache des choses

Et encore plus tard

Le ciel s’éclaire

Le numéro 5 réapparaît

Dans toute son éternité

Hors du temps

A la naissance du l’aube

 

 

DESIR D'IMAGINATION - Armando Bergallo, janvier 2014

 

 

 

 

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EXTASE

 

Ainsi la mélodie tournoyante

Casse l’ordre

Contemple le ciel

Pousse l’homme plus haut

Les couleurs rayonnent

Malgré la nuit

Et la distance

Je me sens

Poussière d’étoiles

La création avance

De ses propres forces

Je me déclare auteur transparent

Qui travaille

En toute douceur

La mélodie revient

Puissante

Les couleurs ont une clarté si pure

Que mes yeux

Se reconnaissent aveugle

Désabusé par ce fleuve des formes

Fulgurant de splendeur

La noblesse des fils de l’esprit

Me remplit de bonheur

Face à une vie si belle

Lorsque je sens la glace de la mort

Je demande au Temps d’avoir patience

D’être généreux

 

 

DESIR D'IMAGINATION - Armando Bergallo, janvier 2014

 

 

 

 

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Así va pasando

 

Así va pasando

Paso a paso la vida

Momentos sublimes

Ritos de sangre

El tiempo implacable

Juega con el alma

Y los niños juegan

Creyéndose eternos

Con risas y cantos

La rueda avanza

Camino de rosas

Sendero de piedra

Ya no somos más

Los que un día fuimos

Pero el sentimiento

Sigue siendo el mismo

Hermosos encuentros

Amores al viento

Y el miedo constante

De perderlo todo

Así volveremos

De otra manera

Como vuelven las flores

Después del invierno

 

  

 

Ainsi pas à pas

 

Ainsi pas à pas

La vie va passant

Moments sublimes

Rites de sang

Le temps implacable

Se joue de l'âme

Et les enfants jouent

Se croyant éternels

Dans leurs rires et chants

La roue avance

Chemin de roses

Sentier de pierre

Déjà nous ne sommes plus

Ceux qui un jour furent

Mais le sentiment

Continue étant le même

Belles rencontres

Amours au vent

Et la peur constante

De perdre le tout

Ainsi nous reviendrons

d'une autre manière

Comme reviennent les fleurs

Après l'hiver

 

 

DESIR D'IMAGINATION - Armando Bergallo, janvier 2014

Traduction: Erlette Martin Plana

 

 

 

Texte de Pierre-Frédéric Ténière-Buchot.
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Armando Bergallo est l'inspiration au service de la liberté : la liberté d'être différent  et de surprendre sans pour autant se contenter de se tenir à côté de soi ou de feindre l'opposition radicale au modèle que l'on détesterait devenir. C'est tout simplement à la liberté d'être soi­même en l'exprimant à travers ses œuvres qu'Armando aspire. Pas si facile quand la mobilité géographique (de Montevideo à Amsterdam, de Londres à Paris, Chicago ou New York, de l'univers   complet   au Petit Cluzeau, Lot-et-Garonne) accompagne la profusion des genres aussi variés que les époques de la vie : installations et théâtre  de  rue, opéras et mises en scène totales et, bien entendu, peintures aussi bien figuratives  que  symbolistes, surréalistes et abstraites

 

Rien ne manque, tout y est. C'est cette globalité qui définit la liberté. Armando tient à tout mais ne se tient à rien qui réduirait cette occupation de l'espace de l'Art. Sa liberté n'est pas inconstance mais jeu, le jeu entre le moyeu et la roue de la charrette, celui qui permet le mouvement, selon le Tao. Ainsi progresse Armando Bergallo, créant de sa propre volonté le pas de côté qui l'amène au déséquilibre créateur. Ne jamais rester sur place, s'essayer ailleurs, c'est ainsi qu'un artiste libre gagne sa place. Il choisit sans renoncer, ouvrant notre imaginaire à moins de convention. Il nous apprend à voler hors des cages.

 

Pierre-Frédéric Ténière-Buchot - octobre 2013

 

 

 

 

2013 - Deseo de imaginación y ORFEO.pdf
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"Deseo de imaginación" y “ORFEO”

 

Un largo, largo mensaje (fragmento)

…… Pero sobre todo el privilegio de estar en la preparación de esa intervención urbana...la iglesia, el pequeño cementerio, los cuadros proyectados sobre el recorte de la estructura de la iglesia, todo ese ambiente..."Deseo de imaginación", que nombre tan bien logrado, cuando el deseo, como motor de la actividad humana siempre es de otra cosa, de algo nuevo que ha de venir. Mis ojos no terminaban de saciarse de belleza con cada proyección. No vamos a estar el 20, pero de alguna manera, es como si estuviéramos.

Pero además...

Aunque parezca mentira, recién ayer, tuve tiempo de ver el video de Orfeo, y sobre esto quiero hablar.

Aunque no estuve presente cuando la instalación tuvo lugar pude sentir el atravesamiento que pienso sintieron los que estaban allí.

Poder palpar, desde mi ojo distante los dos registros, los dos estadios esos dos planos tan claramente marcados: el de los vivos, - dado por el público - con sus vestimentas, sus colores, inclusive con sus copas en la mano y el de los muertos dado por Anastasia.

Dos planos totalmente diferentes conviviendo en esa dramática conjunción que es la vida misma. Pero mostrado con la magia del arte.

Los vivos, mudos ante esa mostración que involucrándolos les mostraba la finitud de la existencia.

Todos sabemos que nos vamos a morir algún día, "Todo ser sexuado es un ser para la muerte", dijera Freud, pero nadie puede pensar en eso todos los días, porque de ser así la vida sería un martirio. Muerte y vida aparecían conjugándose entonces, al mismo tiempo, en la desesperada y desgarradora aparición de esa mujer que emergía desde el Hades y nos enrostraba la finitud del amor y la muerte dos veces muerte. Anastacia-Eurídice-Armando aparecía haciendo escuchar un sonido que parecía surgir de lugares muy profundos. El sonido frío de dos piedras que chocan. El sonido de otro mundo.

Las pinturas, que pudimos ver en su momento, cuando todo esto ya había pasado, volvían a presentificarse ante nuestros ojos, articulándose en un todo con la presencia de Anastasia, la música y la palabra.

El amor que vivifica y el amor que se pierde.

La creación de un universo que se abre y se cierra en un instante - como el inconsciente - producida por la sabia mano del artista que, como lo dice varias veces el fundador del psicoanálisis, es de ellos de quienes debemos aprender.

Y todo eso, en un simple y despojado hangar que puede ostentar orgullosamente su austeridad al estar colmado de luz y de arte.

Un abrazo grande y todo nuestro amor.

 

Paloma y Eduardo - agosto 2013

 

 

 

 

Orpheus by Armando Bergallo.pdf
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Orpheus by Armando Bergallo,

Le Petit Cluzeau, Lalandusse, Aquitane

 

It always is a pleasure to close the door at home and drive the 1000 km to Aquitaine, especially when there is art to be lived.

The last dive downhill Le Petit Cluzeau, we were filled with expectation for Orpheus - the most recent theme of Armando Bergallo.

 

Eight layered paintings on the myth of Orpheus create an octagon, theme of ancient roman-byzantine churches, in a dimly lit white barn.

The mild heat of early summer in Aquitaine mingled with enchantment as the scene of the vernissage showed a vibraphone.

"How could that warm-voiced instrument underscore the tragic of Orpheus tragic love?" I wondered.

My mind dwelled elsewhere as we were warmly welcomed by Armando & Freek, friends and acquaintances entering the scenery. 

 

Soon that warm atmosphere changed and voices dimmed as the vibraphone (played by Elia Moretti) filled space with cold tones in the minor, sonority that prepared us for a more grim exploration of the theme.   Then, Anastasia entered from between the transparent painted layers.  She wore twingled white robes and with a face, pale as a death mask, she decidedly walked the performance to its peak with just the clicking sound of silicate stone, slow silent strides and dead-cold eyes piercing us - innocent bystanders. 

 

As she criss-crossed the audience dancing and dropping, she silently lead us right to the centre theme of Orpheus:  the immeasurable tragedy of a lost loved one and the intense longing to bring a lost loved one back to life.   But something did not fall in place I felt:  'Does she evoke Orpheus, Eurydice or does she embody a female Orpheus, or both?'.   As the dance progressed I concluded it really did not matter: symmetry can be perfect in infinite love.

 

Strides and dance then substantiated Armando's lyric, which was powerfully proclaimed, part as poem and part as a song underscored by sad humming and again, by the vibraphone in minor and some electronic scores by Elia.  As the ballet & poetry visited the large paintings one by one, Armando's visual allegory opened up but only partially materialised in my mind.  

 

Silence filled the room for a while as Anastasia left the barn and vibraphone until applause thundered.

'A seed well planted for my next visit to the Orpheus cycle' I reflected, but then in silence and solitude, for just my own reflections on loss in love...

... we all are sooner or later confronted by loss, mortality and the infinity of love.

 

Night soon went warm again over Bergerac wines and local or distant dishes brought by an international audience.

 

Seldom one experiences the intensity of an exhibition & vernissage as this time for Orpheus in Le Petit Cluzeau. 

Congrats and warm regards to artists and support - also video and book look excellent - a great support to fading memories and perhaps solace when tides turn.

 

Johan Geysen, Friend

 

 

 

 

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ORFEO - Texto de presentación

 

Orfeo me lleva de la mano por un camino empedradode interrogaciones, de memorias, de deseos. La primera pregunta es ¿a que sirve el arte? Magistralmente los Griegos nos dicen a través de una hermosísima historia, como Orfeo gracias al poder de su arte, entra en el reino de la muerte en busca de su amada Eurídice. Este descender a los infiernos esta prohibido a todo ser humano viviente, pero el arte de Orfeo produce el milagro. No solo podrá entrar en el reino de Pluto si no que regresará a la vida. Durante este retorno su impaciencia le hará volver la mirada hacia Eurídice, olvidando la condición de Pluto para la liberación de su bien amada: no mirar hacia atrás, no mirar Eurídice hasta llegar a la superficie de la tierra, a la vida.

Este ir y volverentre la vida y la muerte es parte de mi propia experiencia lo que me acerca profundamente a Orfeo como artista y como hombre.

 

Durante la creación de esta obra mi concepción de la muerte ha cambiado. La muerte no es mas una zona obscura, aterradora, sino un espacio vacío al interior del cual la vida toma todo su valor. No vivimos para morir. La muerte permite a la vida alcanzar su realización plena. Come dice R.M. Rilke: “ Il faut vivre aussi, comme n’étant déjà que néant, il faut être vivant en tant qu’Orphée, être mort en tant qu’Eurydice”.

No es una casualidad que mis pinturas sobre la flor - la energía, me habían llevado hacia la mas sublime encarnación de la belleza que es la Rosa desde los tiempos inmemorables de Persia.

En el mito de Orfeo la rosa es símbolo del eterno regreso. La rosa es hermosa, la rosa va a morir, la rosa volverá a renacer recuperando toda su fuerza vital. Tengo la sensación de que paso a paso todo parece orquestarse de una manera armónica, natural e inevitable. Así se encadena la creación del ‘Chant d’Eurydice’, donde la música viene a extender con fuerza y sutilezalo que vive en la obra plástica. La voz de Eurídice nos da la poesía y el drama que hacen vivir nuevamente Orfeo. Es la imagen de la persona amada que se presenta con todo su poder de evocación, esa energía enorme de los seres que por estar ausentes son mas venerados que los vivos.

Orfeo nos acompaña en el camino del eterno volver. Su canto se eleva con gran serenidad, los animales salvajes pierden su furia.

 

¿El arte será mas fuerte que la muerte?

El circulo se completa. A nuestro alrededor, la filosofía, la ciencia, el arte nos ofrecen la posibilidad de vivir intensamente con el maravilloso estimulo de la admiración y el asombro permanentes.

 

Armando Bergallo

 

 

 

 

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ORFEO - Texte de présentation

 

Orphée me conduit par la main, par un chemin pavé d’interrogations de souvenirs, de désirs. La première question est : à quoi sert l’art ? Magistralement, les Grecs nous disent, à travers une très belle histoire, comment Orphée, grâce au pouvoir de son art, entre dans le royaume de la mort en quête de son aimée Eurydice. Cette descente aux enfers est interdite à tout être humain vivant, mais l’art d’Orphée produit le miracle. Non seulement il pourra entrer dans le royaume de Pluton, mais encore, il pourra revenir à la vie. Au moment du retour, son impatience le fera tourner son regard vers Eurydice, oubliant la condition de Pluton pour la libération de sa bien-aimée : ne pas regarder en arrière, ne pas regarder Eurydice jusqu’à toucher la surface de la terre, la vie. C’est aller-retour entre la vie et la mort est une partie de ma propre expérience ce qui me rapproche profondément d’Orphée comme artiste et comme homme.

 

Durant la création de cet œuvre ma conception de la mort a changé. Elle n’est plus une zone obscure terrifiante, mais un espace vide à l’intérieur duquel la vie prend toute sa valeur. Nous existons pour finir dans la mort qui permet alors à la vie d’atteindre son sens.

« Il faut vivre aussi, comme n’étant déjà que néant, il faut être vivant en tant qu’Orphée, être mort en tant qu’Eurydice » (R. M. Rilke).

Ce n’est pas un hasard si mes peintures sur la fleur-énergie m’ont amené vers la sublime incarnation de la beauté, qui est la Rose depuis les temps immémoriaux de la Perse. Dans le mythe d’Orphée elle est le symbole de l’éternel retour. La rose est belle, la rose va mourir, la rose renaîtra de nouveau récupérant toute sa force vitale. J’ai la sensation que pas à pas tout paraît s’orchestrer d’une manière harmonieuse, naturelle dans l’inévitable. Ainsi s’enchaîne la création du ‘Chant d’Eurydice’, où la musique fait résonance d’une manière forte et subtilement raffinée de tout ce qui vibre dans l’œuvre plastique. La voix d’Eurydice nous donne la poésie et le drame que vont vivre de nouveau Orphée. C’est l’image de la personne aimée qui se présente avec tout son pouvoir d’évocation, avec cette énergie puissante des êtres qui, parce qu’ils sont absents, sont plus vénérés que les vivants.

Orphée nous accompagne sur le chemin de l’éternel retour. Son chant s’élève avec une grande sérénité, les animaux sauvages perdent leur furie.

 

L’art sera plus fort que la mort ?

Tout prend sa cohérence. Tour à tour, la philosophie, la science, l’art nous offre la possibilité de vivre intensément dans le merveilleux stimulant de l’admiration et de l’étonnement continuellement nourri.

 

 

 Traduction d'espagnol: E. Martin Plana

 

 

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Texte Orfeo - Chant d'Eurydice.pdf
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ORFEO - Chant d’Eurydice

 

Je vivais dans le bonheur

avec mon bien aimé

Près de moi… si près de moi

Son visage hante mon esprit….

Sentir ses lèvres, si proches des miennes

Et pourtant dans le jardin de la vie

La mort a volé ma raison d’être

Voilà qu’aujourd’hui Orphée pénètre

Dans le royaume des ténèbres

à ma recherche

Et pourtant cet espace

privé de toute lumière

est lieu interdit

à tous les hommes

 

Par son chant et sa musique

il espère émouvoir

Les créatures de l’enfer

Je vois leurs visages

Terribles

Changer

Insensiblement

Frappés

par la beauté

de la grande Harmonie

 

Création, création

qui m'ouvre les portes

de la rencontre

Retrouver Orphée

l'aimé

Celui à qui je rêve de donner

un baiser éternel

 

Son chant

transforme

le feu de l’enfer

en flamme de

l’espoir

 

Je le sens

Proche, si proche..

Alors j’entends le Dieu des Morts

m'offrir une dernière chance

Il me faut suivre Orphée

pour revenir à la vie

Mais malheur à nous

s'il me regarde.

 

Nous avançons

laissant dernière nous la nuit

Je glisse dans son ombre

Nous sommes proches du jour,

Mais par une force incontrôlable

il se retourne :

Eurydice!

Il me regarde !

Je le perds pour toujours

J’ai trouvé la mort pour la deuxième fois

par trop d'amour, par excès d'amour

Ô désespoir !

Ô humaine impatience !

Il m’a perdue

Je l’ai perdu !

Plus jamais l’embrasser

Plus jamais son corps

Je dis adieu à son âme !

 

Mais voici

dans le monde de la mort

Seule

Condamnée à l’obscurité

Privée d’amour

Seule …

Orphée

Face au soleil

Sur la terre nourricière et féconde

devra chanter encore et encore

Pour vivre

L’art sera plus fort que la mort !

Ô, Orphée !

Ta musique  devient éternelle

Ta voix vit en moi

Comme mon amour

Pour toujours !

 

Armando Bergallo, 2013

 

 

Text Orfeo - Song of Eurydice.pdf
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ORFEO - Song of Eurydice

 

I used to live in happiness

with my beloved

Close to me…. So close to me

His face haunts my mind

Feeling his lips so close to mine

And yet in the garden of life

Death has stolen my reason for living

Now today Orpheus enters

The realm of darkness

Searching for me

And yet this space

deprived of all light

is a place forbidden

to all men

 

Through his singing and his music

he hopes to move

The creatures of hell

I see their faces

Terrible

Changing

Numb

Struck

by the beauty

of great Harmony

 

Creation, creation

which opens for me the doors

to meet again

the loved one

The one to whom I dream of giving

an eternal kiss

 

His singing

transforms

the fires of hell

in a flame of

hope

 

I feel him

Close, so close..

 

Then I hear the God of the Dead

offering me a last chance

I must follow Orpheus

to return to life

But misfortune for us

if he looks at me.

 

We advance

leaving  behind us the night

I slip into its shadow

We are close to the day

But by an uncontrollable force

he looks back:

Eurydice!

He looks at me!

I am losing him for ever

I have found death for the second time

through too much love, an excess of love

Oh despair!

Oh human impatience!

He has lost me

I have lost him!

Never again to embrace him

Never again his body

I say adieu to his soul!

 

But here

in the world of death

Alone

Condemned to darkness

Deprived of love

Alone...

Orpheus

Facing the sun

On the nourishing and fertile earth

will be singing again and again

To live

Art will be stronger than death!

Oh, Orpheus!

Your music becomes eternal

Your voice lives in me

Like my love

For ever!

 

Armando Bergallo, 2013

 

Translation in English: Mavis Wilson

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Orphée.pdf
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Orphée

Marginal

en liberté

bouleversant l'ordre du monde.
tout englobant, chaque vie animée, et toute chose
unité de tout, distinction de chaque
Nuit et Soleil
Apollon et Dionysos réconciliés
réinvente l'ordre des puissances divines
et la genèse du monde
Voix devenue écriture
Orphée nomme
 

Contre la fatalité, les forces d'inertie,
la force créatrice du mythe se lève
l'être lutte contre ses limites, le temps, la mort, le réel, l'ordre de l'univers
il a risqué l'hubris, la démesure,
tant pis s'il est vaincu.
Il sait.

 

Orphée chanteur. 
enchanteur
Joie de s'assembler, arbres, pierres, poissons, rochers, oiseaux.
Et sur la nef Argo se sont tues les Sirènes.
 

Chamane,

il voyage dans le temps, dans l'espace
apaise les vents et les bêtes sauvages,

capte les monstres,

s'ouvre les portes des Enfers

mais a perdu son Eurydice
 
Mythe saturé de symboles,

je retiens l'Orphée des Sonnets de Rilke
vivre par la mort,

vivre dans la joie l'instant happé par le néant,

"Devancer tout adieu"
"Être vivant en tant qu'Orphée, être mort en tant qu'Eurydice "
 
Tel qu'en lui-même enfin,

Orphée transfiguré,

tête-voix mantique sur l'onde

 

Et immortelle, projetée dans le ciel des constellations, la lyre.

 

Françoise Morin, juin 2013

 

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Cuando en la tierra.pdf
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Cuando en la tierra

Los trabajos terminan

El fin del día

Surge purpura y azul

 

Orfeo canta la noche

Su voz inmortal cubre

Todo el universo

 

Los caminantes

Preparan el reposo

La música envuelve el mundo

Y llega al reino de la muerte

 

El amor conduce Orfeo

Hacia el centro del infierno.

 

Pero las rosas renacen

Entre la vida y la muerte

 

La voz de Orfeo

Canta la belleza de la juventud

Consuela el alma

Eternamente

 

 

Armando Bergallo - 2013

 

 

 

 

Quand sur la terre.pdf
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Quand sur la terre

Les travaux s’achèvent

La fin du jour surgit

Pourpre et azur

 

Orphée chante la nuit

Sa voix immortelle couvre

Tout l’univers

 

Ceux qui vont …

Préparent le repos

La musique enveloppe le monde

Et atteint le règne de la mort

 

L’amour conduit Orphée

Vers le centre de l’enfer

 

Mais les roses renaissent

Entre Vie et Mort

 

La voix d’Orphée

Chante la beauté de la jeunesse

Console l’âme

Pour l’éternité

 

 Traduction d'Espagnol: E. Martin Plana

 

 

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El día comienza.pdf
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El día comienza

De todos los momentos

Que componen la vida

Una brisa suave

Acaricia

Sonríe

Porque la tierra es grande

Generosa

La fuerza del alma

Infinita

Hoy son otros momentos

Plenos

Como aquellos

Que marcaron el comienzo

Los que definieron

La felicidad a construir

Estas manos son

Las que dan forma

Al soplo del viento

Extraordinarios sonidos

Del mar inmenso

Todopoderoso

Generoso

Él también

La energía pasa

Del caos a la armonía

De la armonía al caos

Los días se llenan de asombro

Las noches de sueños y deseos

Entonces

Todo volverá en un momento

Exacto

 

Armando Bergallo - 2012 

 

 

 

 

Le jour entame son cycle.pdf
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Le jour entame son cycle

Par tous les moments

Qui composent la vie

Une brise exquise

Caresse

Charme

Parce que la terre est grande

Généreuse

La force de l’âme

Infinie

Aujourd’hui naissent d’autres moments

Pleins

Comme ceux

Qui marquèrent le commencement

Ceux qui définirent

La félicité à construire

Ces mains sont

Celles qui donnent forme

Au souffle du vent

Extraordinaires échos

De l’océan immense

Gonflé de puissance

Généreux

Lui aussi

L’énergie passe

Du chaos à l’harmonie

De l’harmonie au chaos

Les jours se remplissent de sidération

Les nuits de rêves et de désirs

Alors

Tout retournera en un moment

A l’exact

 

Traduction Erlette Martin-Plana 

 

 

 

The day begins.pdf
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The day begins

With all the moments

Which make up life

An exquisite breeze

Caresses

Enchants

Because the earth is vast 

Generous

The force of the soul

Infinite

Today yields other moments

Full

As those

Which marked the beginning

Those which defined

The joy in creating

These hands are

The ones which give form

To the wind’s breath

Extraordinary echoes

Of the immense ocean

Swollen with power

Generous

For it also

Energy passes

From chaos to harmony

From harmony to chaos

The days are filled with amazement

The nights with dreams and desires

Then

All will be determined

In a precise moment

 

Translation Mavis Wilson 

 

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Fleurs
Le cœur éclate et dissémine les graines comme constellations virevoltantes d’un univers floral, répliques colorées et coloriantes de nos vibrations neuronales dans le sans-fin du vivant.

Arlette Chappard - 2012

 

 

Flowers

The heart bursts scattering seeds as swirling galaxies in a floral universe; vivid replicas colouring the vibrations of the brain with the promise of eternity.


Translation  Mavis Wilson

 



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FLEURS
Aurore bleue lavée de nos songes
Les fleurs de pensées éclosent
Sur les chemins de craie,
Le sillage d’un rêve effacé
Pâleur d’asphalte, avalant le vide
Si près, si dense, une présence
Epiderme tendu tel une toile immense
Appelant le trait, la couleur et la forme
Un sourire au front du monde,
Lumières de glace et de feu
Effeuillant la peau des choses
Pétales de verre
Sous nos mains inconscientes
Luisant d’existence
Eclaboussés comme un printemps
Fragiles éphémères aux lignes parfaites
Brassées de sens et de vie
Pleurant la fraîcheur des matins.


Isabelle Helio-Hosten

 



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Commentaire de "Eros et Thanatos" 

 

De passage à Bordeaux, je viens de découvrir Eros et Thanatos, c'est tellement "important" artistiquement que je l'ai mis sur mon mur avec le commentaire spontané qui m'est venu à l'esprit. Je trouve que cette peinture colle à notre époque où la science avance dans la genèse de la vie, un travail très difficile et pourtant abouti.

Le "principe de vie" est, ici, capté dans l'accouplement des lignes et des couleurs, c'est le résultat, tout à fait rare, d'une création portée par un  long chemin de culture et d'éthique. J'ajouterai  que c'est l'œuvre somptueuse d'un regard qui transmute les particularités : dessin des feuilles, ligne des profils en particules d'une réalité universelle  ....

 

Arlette Chappard - 2011

 

 


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A propos de "Hercule"

 

A l’entrée dans cette immense étable où les anciennes stalles en bois de chêne sont entourées des toiles et des objets que tu as peints, Armando, on est pris par un vaste et puissant tourbillon de couleurs, de joie, de transparence et d’amour.

L’ensemble de tes œuvres rayonne ce que tu es, un visionnaire des passions humaines, chaleureuses, confiantes, et parfois endeuillées par la mort ou la trahison.

Plus avant, on découvre aussi l’éclat de ta force et de ton énergie qui explose, en particulier dans la thématique d’Hercule.

Et voici qu’apparaît le lien entre la transparence et la puissance, entre la joie, la confiance et l’énergie de ton œuvre. Cette force naît de ton émerveillement devant l’être humain doté d’une capacité insondable d’aimer qui lui permet de transporter des montagnes et de changer le monde par sa confiance dans la lumière et la transparence de la beauté.

Dans cette étable immense tu as su mettre en scène ce que chaque jour, le soleil à son lever nous révèle : une joie qui s’élève, un hymne à la lumière, et à la couleur, jaillissant du plus profond du cœur humain.

Merci à toi, Armando, de nous offrir ta vision des mystères de l’amour, de la lumière et de la nuit, sans laquelle nous ne verrions pas la lumière.

 

Isabelle Orgogozo Tenière - Buchot - 2010

 

 

 

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Un jour le duende

 

Un jour le duende

Le duende, esprit de la création

Descendu plus grand que l'âme

Ici sur la terre le vent taillait
Des espaces, des mots, toutes les histoires
Se firent paisibles
Devant tant de gloire.

D’autres déserts
D’autres vécus
Nourriture de ma mémoire

Viennent à ma rencontre
Et des bras énormes
Enserrent mes veines
Les chairs, les corps.

Les souvenirs bondissent

Chevaux sauvages,
Crapauds de couleurs
Fils de la voix
Qui raconte sans peine
Des histoires affreuses
D’êtres déjà morts

Mais aujourd’hui je tremble
Sur cette folle plage
Sans issue
Sans limite
Et soudain sur le sable

Le duende,

Face à mon visage blanc

Muet étonnement…  

Accrochant images sur images
Pour continuer vivant
Face au péril
De perdre l’ultime bien
Que je garde
Mon âme

 

Dernière monologue de l'opéra   « Gulliver »


Armando Bergallo - 2010

 

 


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Arlette

Finalement à mon âge, c'est le moment ou jamais d'exprimer ses sentiments le plus honnêtement. Dans ce texte destiné aux écrits du site "Armando..." n'est évoqué que son nom mais Fred garde aussi une grande place dans cette estime.

"Le temps, heures après heures avec tout ce que l'on a vécu, aimé, admiré, appris, énigmes sans clé, tout est jeté dans le vide du blanc. De ce jeu, depuis l'enfance toujours répété, surgit un monde coloré avec enfin, une vérité apaisante. Mais l'expérience vite épuisée, demande sans cesse à être renouvelée...
       Un jour, je suis entrée dans le lieu d'Armando Bergallo, les portes ouvertes sur un monde de culture, joyeux, beau, sans frontières et là, j’ai retrouvé "le jeu magique" porté à son excellence.
       Alors, je dis qu'Armando est bien mon ami d'enfance que je connais depuis toujours, nous avons souvent visité les amis de Florence, Madrid, Grenade et bien d'autres..; Nous avons fui "les ogres". S'il fait des châteaux en Espagne, j’irai dans toutes les pièces de l'édifice accompagnée de son rire contagieux. C’est mon ami d'enfance que je choisis avec respect et affection."
       .
El  tiempo, horas, tras horas con todo lo vivido, querido, admirado, aprendido, enigmas sin llave, todo se echa sobre el vacío de lo blanco. De ese juego, desde la infancia, siempre repetido, surge un mundo pleno de color traduciendo,  por fin, la verdad apaciguante. Pero, la experiencia pronto agotada, pide ser renovada siempre.
       Un día, entré en el lugar de Armando Bergallo, las puertas abiertas sobre un mundo de cultura, alegre, hermoso, sin fronteras, entonces encontré de nuevo "el juego mágico" llevado hasta su excelencia.
       Entonces, digo que Armando es verdaderamente mi amigo de infancia que conozco desde siempre, muchas veces, visitamos a los amigos de Florencia, de Madrid, de Granada y a muchos otros... Huimos a los "ogros". Si hace castillos en España, iré a todos los cuartos acompañada de su risa contagiosa. Es mi amigo de infancia que escojo con respeto y cariño."

Arlette Chappard - 2010

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Juan-Carlos Moretti

 

Avant de vous quitter je voudrais vous parler d’une image qui vient de surgir dans ma mémoire.

Deux enfants patinent sur la chaussée brûlante.

Ils rient aux éclats.

Ils patinent dans la lumière du soleil d’un été sans fin.   Les étés semblent interminables quand on est un enfant.

Les deux amis se tiennent par les mains et font des sauts périlleux.  Et ils rient, ils rient…

Qui sait ?   Peut-être c’était ça le bonheur : jouer et penser que la vie était sans fin, qu’elle durait,  des fois,  plus que l’été.

Les enfants patinent et les voisins les regardent.   Un spectacle improvisée, beau et gratuit.   Il faut faire des belles choses.    Et avoir un public est très excitant.

D’autres rires, d’autres pirouettes.

Les enfants rient, patinent en dessinant des cercles, s’amusent.

Leurs vêtements blancs deviennent transparents dans la chaleur de l’été.  Les enfants disparaissent.   La rue se vide.

Je dois m’en aller.

Mais j’entends encore leurs rires.

C’était un homme bon…

C’était un homme bon…

C’était un homme bon.  Ma main a lâché la sienne.  Le saut était risqué.

Mais nous aimions prendre des risques….

Le premier témoin de cette vie est disparu, à jamais….

Maintenant il est temps de partir.

 

Extrait du dernier monologue du spectacle « Alice »


Armando Bergallo - 2009

 

 

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ALICE à Lalandusse

 

Romaric en vol

Aérien mais rigoureux

Maintenant il dort.

 

Julien a surgi

Concentré et généreux.

Duende noir et blanc

 

Julien est blessé

Assis lance amer ses mots

Marie joue pour lui.

 

Romain roc peut tout

Vertical, horizontal

Puissance et nuances.

 

Marie : grâce et dons

Elle aide, écrit et pense

Enjouée, songeuse.

 

Danse d’Armando

Ondoyante et gracieuse

La douleur domptée.

 

Regard d’Armando

Qui ressemble à la douleur

Tellement intense.

 

Matilda s’avance

Port de reine, longue robe

Guidée par son chant.

 

Guido est trop beau

Pour être photogénique

Je le lui ai dit.

 

Tim Mark Tim Lesley

Vos noms sont la mélodie

Matilda l’accord.

 

Exultation

Premier filage, danse folle,

On a le duende.

 

Là-haut, dans le doute,

Harangueuse de chaises,

J’invente mon rôle.

 

Dryade sylvestre,

La conteuse disparaît

Mais la robe est là

 

Seule, il fait nuit

Dans la grange désertée

Les décors s’animent

 

Trouble de la fiction

Agathe échappée du film,

Alice incarnée

 

On n’est pas content,

C’est moins bien, le doute règne

Il faut travailler

 

On ne se voit pas

Ni ne sait. Cadeau des larmes,

Résurrection.

 

Là dans les coulisses

Agathe apprend la patience

Fertile attente.

 

La danse des ombres

Réinvente le tableau

C’est pure magie.

 

Armando le dit :

« Se jeter dans la piscine »

Un jour on le fait.

 

Un jour le miracle

Fluidité, plénitude

On est si fragiles.

 

On est bien ensemble

Grand corps vivant, travaillant

Et on est bien seuls

 

Ruche, phalanstère,

On a oublié notre âge

Comme atemporels.

 

Magie de ce lieu

Songe d’une nuit d’été

Génie des forêts.

 

Jean-François et moi,

Nous avons vu un chevreuil

Glisser dans le pré.

 

Cuisine, ô lieu phare

Fragrances, épices, oignons doux

Où Freek règne en maître

 

Pierre et bois, tableaux

Pots de peinture, partout

Lits dans la nature

 

Sous l’œil de Montaigne

Son regard vif, presque dur,

On s’est maquillés

 

Nos amis anglais

Parlent très bien le français

A certains moments.

 

Voix, couleurs, musique

Dans le ventre de la grange,

Les arts font l’amour.

 

Des anges circulent

Chacun reconnaît les siens

Dans cette maison.

 

Envolée de plaines

Collines livrées au ciel

Clouées par le chêne

 

Manger ? Regarder ?

Table tableau, paysage

Petit déjeuner.

 

Il suffit d’un pas

Pour s’élancer dans le ciel

Epouser la terre

 

On n’a pas besoin

De dépasser la frontière

Du chêne, tout est là.

 

Nés de la peinture

En ses métamorphoses

Les Duendes l’exaltent.

 

Alice-Eurydice

Duendes-Orphée triomphant

Célébrant la vie.

 

Ce n’est pas de naître

Mais de renaître qu’il s’agit

Vocation d’Alice

 

Vogue le navire

Hors du temps notre aventure

Arrimée au chêne

 

Armando, Alice.

Une main sur une épaule

Face au mal du monde

 

Nuit d’août amicale.

Visages versés au ciel

Où file l’amour.

 

Françoise Morin - 2009

   


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De Paloma sobre « Salomé » y « Alicia »


“…Si la vida con toda su cotidianeidad, con sus alegrías y sus miserias, tal como le escuchamos día a día en la clínica es un Imaginario, son Uds. los artistas los que en realidad la muestran más que decenas de bibliotecas de psicoanálisis. Y que alguien pueda producir belleza a partir de sus fantasmas, angustias y toda la peripecia de un recorrido - bastante tumultuoso por cierto - como lo estás haciendo tú, realmente es gratificante. Tomando una frase tuya de hace muchos años - no sé si siquiera la recuerdas - "Yo ya no tengo derecho a sorprenderme", y que he repetido muchas veces, digo que es entusiasmante sentir que puedo sorprenderme y volver a sorprenderme cada vez que veo tus pinturas…”

 

 

“…Las metáforas de Alicia y Salomé son fuertes y creo que de eso se puede escribir cuando se ha pasado por situaciones límites de dolor y angustia y el dolor se puede mirar en la vereda de enfrente. Volví a la página Web y vi nuevamente los dibujos. Es increíble como el lenguaje de la imagen se empalma con la letra casi como un palimpsesto…”

 

“…¿Esa eclosión de color y movimiento, ese niño durmiente...soñante? que sirve de mágico telón de fondo al hombre maduro en toda una actitud de recogimiento y meditación. Veo tus pinturas y siento que aquella búsqueda tenaz de belleza que te impulsaba en tus años adolescentes, búsqueda que implicaba un compromiso que no aceptaba renunciamientos, llega ahora a su madurez. No es poca cosa eso que lograste. Va más allá del éxito y el reconocimiento, muy merecidos por cierto, pero esto que percibo es algo de una consistencia, de una estofa diferente. Es todo un universo del cual en cierta medida fui testigo, junto con otros, en los momentos del Big Bang. No sabíamos lo que iba a salir de todo eso, cada cual hizo lo suyo a su modo, pero uno, - tú - le da genialmente esa forma…”

 

Alba Medina Rios, Escritora, Psicoanalista – 2009

 

   

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Sobre « Salomé » me escribe Paloma, una gran amiga de Urugay

 

“…Ahora puedo pensar en Salomé, puedo pensar en tí, Yiyo, y en esa lectura que tu hacés de Salomé. Esa desatanización del personaje que la tradición cristiana ha estigmatizado como una muestra de la lujuria y el crimen. Tu hablás de tu necesidad de seducir a toda costa en el despertar de tu sexualidad - ¡qué solos que estábamos todos en ese tiempo! - la necesidad de ir más allá de los límites de una sociedad que también estigmatizaba todo lo que se saliera de sus sórdidos carriles...”

 

“…Tu hablás de tu necesidad de seducir. Es también tu necesidad de amor, que alguien pudiera amarte, eso es decir aceptarte con todas tus luchas, con todos tus desgarros. Me parece fascinante tu lectura de Salomé, ese rescate del personaje maldito por dos mil años de patatería cristiana. Pero hay algo que yo quiero agregar, en la Salomé histórica que nos brinda la Biblia, no en la que crece en la imaginación de los artistas que la fueron pintando de acuerdo a sus proyecciones, si leemos entre líneas, podemos ver la víctima inocente del mandato de una madre terrible que en un primer momento la obliga a obedecer el pedido de su incestuoso tío, Herodes, y después, ante la oferta del rey de que pidiera lo que quisiera, "que hasta la mitad de su reino le daría", ella nuevamente pregunta a su madre "Madre, que pediré? y la orden, el mandato no se hace esperar:"Pide la cabeza de Juan el Bautista", y ella obedece imposibilitada de rebelarse. Para mí en Salomé, también está la víctima, como ha estado dentro del cristianismo la victimización de todo lo femenino o de todo lo que reclamaba y reclama vivir. No sé si esto es un aporte, pero quería enviártelo, porque también en un momento nos sentimos perseguidos, quizás por eso cerramos filas en un grupo tan endogámico. Tu Salomé es un canto de color y pasión, de tragedia y dolor, pero no sé si el personaje siniestro de Herodías está para hacer más patente aún su lucha, sus contradicciones, sus vacilaciones y su dolor. Hay mucho más para decir y compartir. Brindo ahora contigo nuevamente, ya que se acerca un nuevo año. Un beso grande a los dos y por lo que pude ver, por lo que trasmiten las imágenes, Salomé tiene una fuerza que conmueve”.

Tu fuerza Yiyo. Hasta pronto. Paloma.

 

Alba Medina Rios, Escritora, Psicoanalista – 2008

 

   

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Dernière lettre de Juan-Manuel à l’adolescent

 

Je ne suis pas coupable de ta douleur

Je t`ai aimé entre ta magie et de ma confusion

Ta passion m`a empli de nouvelles sensations

Ma vie monotone a changé

Je ne me suis pas rendu compte

Jusqu`au moment ou les autres

M`ont crié

« Ce pas possible ! »

« Ne le regarde pas! »

Ce que j’ai ressenti à l`intérieur de moi-même

Personne ne le sait

C`est un secret que je dois oublier

Mais toi

Tu te souviendras de moi

Moi, je dois disparaître

Mais toi

Ta vie sera remplie

Moi, je me tairai pour toujours

Pendant que notre sang continue à battre

Quelque part

Dans un autre corps

Peut-être

Dans notre mémoire

 

Le soleil de l`après-midi caresse notre quartier tranquille

Les meubles de ta maison

Sont partis dans un grand fourgon

Je ne me souviens pas de sa couleur

J`ai vu ta grand-mère s`éloigner

Dans une voiture bleue

Conduite par ton père

Et toi

Je ne t`ai pas revu

Ma journée de travail a été longue

Je me sens fatigué

Je vais prendre une bière

Avec les amis

Au café

 

Adieu Yiyo

 

Extrait de l’opéra « Salomé »

 

Armando Bergallo – 2007

 

 

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Salomé à la vie à la mort.

 

“La terre est comme un tourbillon de lèvres mortelles. La vie creuse devant nous le gouffre de toutes les caresses qui ont manqué” Antonin Artaud (L’art et la mort)

 

Quel est ce cri ? Qui appelle dans le noir de la nuit ? A qui s’adresse cette plainte, ces incantations amoureuses,  ces mots de fureur et de désespoir ? La voix module dans les plis obscurs de l’intime, elle dit l’éveil du désir, elle chante, elle supplie, elle promet beauté et douceur. Elle déplie un à un ses voiles, elle se met à nu, elle est une voix qui  s’enflamme, qui danse. C’est une voix  qui jouit.

J’ai écouté récemment cette voix, un soir, celle d’Armando Bergallo, enregistrée sur bande magnétique en 1983,  improvisant “sa” version  de Salomé, en anglais, français, espagnol. Bouleversant.

 

D’où vient la fascination qu’exerce ce personnage féminin, cette jeune fille orientale à peine pubère qui se transforme, au gré de l’imaginaire et des fantasmes des poètes,  peintres,  musiciens qui l’ont revisitée au cours des siècles, en femme fatale, séductrice, délirante et buveuse de sang ? En réalité c’est le texte d’Oscar Wilde (1891) et surtout l’Opéra de Richard Strauss (1905) dont le livret s’est inspiré, qui ont forgé le mythe au début du XXe siècle, à l’époque où l’on connaissait déjà Freud, Wedekind, Klimt et les premiers expressionnistes. Mais ils ont été précédés par beaucoup d’autres, Mallarmé, Flaubert, Gustave Moreau, les romantiques allemands, les peintres italiens de la Renaissance et du Baroque, Titien, Le Caravage pour ne citer que les plus célèbres.

Car la pure adolescente du texte biblique, dansant devant Hérode pour son anniversaire, se révèle en fait  possédée par une folle passion pour un être inaccessible  - dénommé Jokanaan en hébreu et Jean-Baptiste pour la chrétienté - dont elle entend la voix avant d’apercevoir le corps, ce prophète du désert, emprisonné pour ses idées, fauteur de trouble, qui lance des imprécations, mais refuse d’entendre Salomé, de croiser même son regard.

L’apothéose du désir inassouvi, c’est la terreur. Salomé, jouant du serment que lui a fait Hérode, ira jusqu’à faire décapiter celui qu’elle aime d’un impossible amour et se jettera sur sa bouche ensanglantée pour un ultime baiser, avant d’être tuée à son tour. “J’ai baisé ta bouche, Jokanaan”. Même la lune est devenue rouge.

Pourquoi tant de violence ? Pourquoi tout ce sang ? Salomé n’incarne-t-elle pas l’indéchiffrable et angoissant mystère de l’enfant qui devient femme, désirante, donc dangereuse, qui se met à saigner et fait saigner le sang des hommes ? Le sang circule dans le corps, comme la musique de la voix, c’est peut-être le moyen symbolique le plus direct d’exprimer la vie et la mort ensemble. Eros et Thanatos, encore. Transe et transcendance. Mais aussi métaphore de la création artistique.

 

Armando Bergallo est depuis toujours fasciné par l’histoire de Salomé. Des peintures, des sculptures, un texte improvisé, une première performance en 1983 en témoignent. Il a envie aujourd’hui de reprendre l’idée, d’interroger encore les méandres de la passion et de proposer une nouvelle version musicale et plastique, de “sa” Salomé bien aimée.

Salomé à la vie à la mort.                                     

 

Françoise Séloron, journaliste, écrivain - 2006

 

     

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